MATHIAS DELPLANQUE
Deux parties, indémêlables. D’abord j’ai utilisé des sons de sirènes de bateau, que j’ai échantillonnés et «joués» comme s’il s’agissait d’un instrument. Fluidité des textures et des traits musicaux, en cherchant à les enchevêtrer les uns aux autres, selon un principe calqué sur le ressac des vagues : chaque son est comme poussé par le précédent et ne disparaît qu’avec l’arrivée d’un autre. Autre thème et 2e partie, le voyage. Un voyage par mer, soit un voyage dans la lenteur, de Dieppe à Bombay par bateau. On part avec le son des sirènes de bateau et on arrive sur les docs de Bombay. Des sons de voix, enregistrés lors d’une résidence en Inde en 2006. Ces voix proviennent de la rue, de centres d’appels publics (tels qu’on en trouve tous les 100 mètres à Bombay), et surtout d’un « call center ». Associer le dépaysement absolu à l’expérience d’un lieu totalement neutre, qui pourrait se trouver n’importe où dans le monde.
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ROB MAZUREK
Un solo de cornet dans la cale sèche appelle par de là les océans, à une migration sans précédent.
Le musicien joue avec les volumes comme d’une pédale à effet, naturellement, tandis que commencent à bruisser au loin, le fracas des anguilles électriques de l’Amazone. Chacune est porteuse d’une fréquence unique, et ensemble, elles forment des accords. Survivront-elles dans les bassins du port de Dieppe ? Pourquoi le musicien les a t’il appelée ?
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TAL
O.N. (Onda novela), vague d’improvisation sur radios locales.
O.N met en scène une suite de détournements d’ondes radio locales.
Via des fréquences radio piratées, une plages musicale transversale apparaît.
Elle s’improvise subrepticement une place sur les ondes radios des environs du port de Dieppe.
Un nouvel exotisme ?
La captation de ces diffusions de actions de radios furtives, donne lieu a un film instantané. Entre «télé réalité urbaine» et expérimentation comportementale stylisée. Le film réuni ainsi plusieurs séquences improvisées, l’instant d’une vague de musique importées /volées /reconfigurées, pour Le Temps d’une Marée.
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Tuomas Toivonen / Nene Tsuboi
De sourds fracas et borborygmes sous-marins et des beats secs se répondent tandis que la voix amples et factuelles énonce les vers d’un poème funéraire adressé au port défunt. Mais de quel mort parle-t’on ? De la ville balnéaire que le visiteur croyait découvrir ? De l’infrastructure qui va bientôt renaître ? De l’identité portuaire de la ville, que les artistes sont les derniers à vouloir développer ? Du chanteur, par noyade bien-sûr, qui se perd dans les multiples couches qui constituent le corps de Dieppe ?
DIEPPE IS DEAD
We came invited – for its urban funeral,
to pronounce it departed and to witness together,
its transformation, shift, passage and mirage.
Lured by the scent of doom and new opportunity,
we watch the slowdown to halt, stretching our limbs,
finding new room for swift maneuvers
in the cavities of this entity formerly known as:
fishing village, royal port, coastal town, battlefield,
pittoresque seaside resort, logistics node, development zone…
Brought my luggage, my laptop, my passport and money,
ate well and slept deep. Dreamt of him, Dieppe…
Subsurf, the Unreal City,
A fortnight dead,
Forgot the cry of gulls, and the deep sea swell,
And the profit and loss.
A current under sea,
Picked his bones in whispers. As he rose and fell
He passed the stages of his age and youth
Entering the whirlpool.
We look to windward, at the horizon, eyes steady,
aimed at the vanishing point, between earth and sea,
wind and sky, where its future, in a flash of green,
has just disappeared… And close our eyes
to enjoy its fading, red afterimage.
We see it like it was still alive,
when we came here with our parents,
on a stormy November weekend,
sometime in the early eighties.
I remember the pebble beach,
and the humid bedsheets of the waterfront hotel.
(Tuomas Toivonen, 9/2007)
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&G
Souffler dans la manche
Comment créer un hymne pour la fonction de transit à Dieppe ? Un hymne aux flux de personnes, dans un port qui en refoule sans cesse. Un hymne pour célébrer l’identité de qui ? Ceux qui passent, ou ceux qui restent ? Les deux, comme
dans un cadavre exquis ?
&G invite des migrants à improviser (flûte, chant, violon, oud) sur des séquences rythmiques de leur musique mise en boucle. Comme un passage de témoin entre des modes d’expression, et de relation à la musique. Ces hommes et femme
mettent le casque chacun à leur tour et font face au micro : ils ont sûrement mimer des figures très traditionnelles, mais le montage de ces différentes signatures culturelles est étonnant.
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